jeu 11/10/2018 - 14:18 Ophélie CARRERAS

 

Petite liste (non exhaustive !) de techniques pédagogiques à utiliser en formation pour « mettre les étudiants en activité »

Préambule : ce qui doit guider le choix d’une technique c’est sa pertinence pour atteindre les acquis (objectifs) d’apprentissage. Il faut également tenir compte du contexte : petit ou grand groupe, niveau des étudiants, etc.

APP (Apprentissage par Problème / par Projet)

L’objectif est de créer une situation problème, issue de contextes professionnels, qui servira de base à l’apprentissage. L’enseignant expose le problème aux étudiants, clarifie avec eux l’énoncé, et ensuite les étudiants travaillent par groupe en autonomie pour résoudre le problème. L’enseignant et un tuteur qui accompagne les étudiants dans leur résolution. Cela peut être organisé pour une matière ou également pour intégrer différentes disciplines.

Carte conceptuelle

Après avoir travaillé un thème ou un chapitre conséquent, demander aux étudiants de construire une représentation de ce qu’ils ont appris sous la forme d’une carte conceptuelle. En sous-groupes, les étudiants peuvent d’abord se rappeler des concepts importants appris et des liens entre ces concepts, ils peuvent regrouper, hiérarchiser, relier, voire numéroter. L’enseignant passe dans les groupes pour observer, questionner et répondre aux questions. Une version plus simple : on peut envisager aussi de proposer les concepts aux étudiants (sous forme d’étiquettes) et de leur demander de les mettre en relation pour construire la carte.

Classe inversée

Le principe est de proposer aux étudiants des ressources et/ou activités à travailler de façon autonome en amont de la phase présentielle. Les ressources et activités peuvent être de différents types : livres ou articles, sites web, vidéos, faire une recherche, répondre à un quiz, faire un résumé, … Ensuite, le temps de présentiel est exploité pour interagir et travailler ensemble, plus en profondeur, sur la base d’exercices, de travaux collectifs, de résolution de problèmes ou de mises en situations.

Intérêts : plus d’autonomie pour les étudiants dans l’apprentissage (à son rythme, quand il veut), plus d’interactivité en présence (mais le temps de présence doit être soigneusement préparé et structuré).

Points de vigilance : exploiter une situation ou un contexte pour susciter et motiver le travail étudiant en amont (ils ne sont pas toujours prêts à être actifs !), bien préparer et baliser son dispositif (ça ne s’improvise pas !).

Débat en amphi

L’enseignant propose une affirmation ou un exercice complexe ou éventuellement polémique, ou un choix entre deux affirmations. Il invite les participants du groupe à donner leur avis, à tour de rôle, de façon individuelle en exposant un argument. La règle pour demander la parole est d’apporter un argument nouveau, qui n’a pas été déjà évoqué. L’enseignant reformule, synthétise et organise les arguments au tableau. Ceci permet de discuter et travailler des points difficiles, complexes, pour lesquels il n’y a en général pas de « bonne » ou « mauvaise » réponse, et de travailler l’argumentation.

Evaluation par les pairs

Cette activité propose aux étudiants de réaliser un travail et ensuite de corriger plusieurs productions d’autres étudiants. Il est important de bien spécifier en amont les attendus du travail et on peut, si cela est possible, travailler la grille de correction avec les étudiants. Il est important de guider les étudiants dans le feed-back à donner aux autres étudiants (technique du sandwich : quelque chose de positif, quelque chose à améliorer, quelque chose de positif). L’activité « atelier » dans moodle permet de mettre en place ce type d’activité (voir ici[1] pour un tutoriel).

Intérêts : L’évaluation par les pairs est une occasion pour les étudiants d’obtenir un feed-back sur leurs productions ainsi que de comprendre les exigences d’une activité. Se mettre dans le rôle d’évaluateur incite à se poser des questions et peut inciter aussi à l’auto-évaluation. Elle peut être intéressante à mettre en place pour de gros effectifs pour lesquels l’enseignant n’est pas en capacité de fournir des feed-back fréquents.

Points de vigilance : veiller à l’anonymat des productions, responsabiliser le correcteur (guider le feed-back). A utiliser préférentiellement sous forme d’évaluation formative (et pas forcément pour l’obtention d’une note).

Jigsaw (Puzzle)

L’enseignant prépare des questions ou des ressources à consulter (articles par exemple). Les étudiants sont mis en groupes. Il y a deux types de groupes : dans un premier temps, des groupes d’« experts » qui reçoivent, chacun, une ressource à travailler. On peut éventuellement leur demander de préparer un support (diaporama, carte conceptuelle, etc.). Ensuite, les groupes sont réorganisés de façon à être composés d’étudiants issus de chaque groupe d’expertise pour partager avec les autres ce qu’ils ont compris de la ressource travaillée. Le groupe « d’apprentissage » aura ainsi un aperçu global des différentes ressources. Voir ici[2] pour un exemple.

Penser-Comparer-Partager (ou 1-2-Tous)

  1. Les étudiants réfléchissent individuellement à une ou plusieurs questions posées par l’enseignant et notent leur réponse par écrit (la phase individuelle est importante car elle permet de générer davantage d’idées que si les personnes travaillent directement en groupe).
  2. Les étudiants comparent leurs réponses avec leur(s) voisin(s) par groupes de 2 à 4 et font une synthèse, ou choisissent une solution (en fonction de la question posée).
  3. Chaque groupe présente son travail (soit oralement avec un support, soit c’est l’enseignant qui synthétise). L’enseignant anime la discussion et (re)structure les apports en complétant et formalisant.

Simulation / Jeux de rôles / Serious Game[3]

Ces techniques consistent à mettre les apprenants en situation plus ou moins « réaliste ». Les apprenants sont mis dans une situation simulée et doivent faire une activité. Intéressant pour travailler des savoirs-faire techniques (la simulation est beaucoup utilisée en médecine pour l’apprentissage de gestes techniques par exemple) ou des savoirs-être (simuler l’annonce d’une maladie grave à un patient). La simulation est également intéressante pour permettre le travail collaboratif (une équipe, avec plusieurs « fonctions » qui doit gérer une crise par exemple. Le « débrief » après l’activité est le plus important pour l’apprentissage.  

Intérêts : La mise en situation est en général impliquante, impactante, et est souvent chargée émotionnellement. Les apprenants s’en souviennent et en retirent des bénéfices en général.

Points de vigilance : après la simulation, le travail d’analyse de l’activité menée est très important et doit permettre d’objectiver les apports pédagogiques de la simulation par rapport aux objectifs d’apprentissage.

Les TRC : Techniques de Rétroaction en Classe

Ces techniques permettent de savoir ce que les étudiants pensent, savent, ont acquis. Il s’agit de temps brefs où l’enseignant posera des questions aux étudiants. Elles peuvent être intégrées en début de cours (qui sont mes étudiants ? Que savent-ils (représentations, pré-conceptions) ?), pendant le cours (vérifier la compréhension, appliquer un concept), à la fin d’un cours (évaluer la compréhension, les points importants retenus).

Plusieurs techniques sont possibles :

  • des questions ouvertes (« one-minute paper ») : « résumez ce que l’on vient de voir en une phrase » ; « quels sont les points les plus importants que vous avez appris ? » « citez des applications possibles », etc.
  • des QCM : intégrés au cours, régulièrement, quelques questions sont posées et les étudiants répondent (soit avec des boitiers de vote, soit avec des cartons, soit avec leur téléphone), l’enseignant affiche les réponses du groupe immédiatement. En fonction du nombre de bonnes réponses, l’enseignant peut continuer le cours, reprendre certains éléments ou faire discuter entre eux les étudiants puis revoter ensuite (instruction entre pairs).

Intérêts : Donne du feed-back à la fois aux étudiants et à l’enseignant, format court (5 à 10 mn.), très simples et rapide à mettre en place, permettent de dynamiser l’auditoire.

Points de vigilance : certains étudiants plus avancés, peuvent avoir un sentiment de perte de temps. Penser à prévoir d’autres activités potentielles. En discuter avec les étudiants pour leur expliquer les bénéfices attendus de l’activité.

[1] https://www.youtube.com/watch?v=yqsEVBgmYVk

[2] http://av.unil.ch/hva/2917/jigsaw-barral-1080p_hd.mp4

[3] Ces différentes techniques ne sont pas équivalentes, en particulier, la simulation a en général un caractère plus réaliste, mais elles partagent des points communs.

Médias associés

Partager

Commentaires

Illustration

Thumbnail

Datathon- Quand les serious games rencontrent l’intelligence artificielle

Description: 6-7 mai 2019 – Concours de « data scientists » sous la forme d’un ‘serious game’ dans lequel les 26 étudiants du MSc Big Data, Marketing, & Management se sont affr